Implantation client en urgence : 18 camions et 474 commandes à débloquer
Quand le prestataire logistique d'une marque de textile sportif est mis en liquidation judiciaire, son stock et ses commandes se retrouvent bloqués. Mission : tout rapatrier dans notre entrepôt et relancer les expéditions, sans données fiables et sans délai.
1. La crise en quatre temps
Le prestataire historique (SNDR) est placé en liquidation : le stock est bloqué et les commandes clients ne partent plus.
Réception de 18 semi-remorques à Pusignan, au lieu des 14 annoncés, pilotée au jour le jour.
Sans historique fiable, une implantation par collection concentre l'effort sur 81,3 % du volume.
Priorité aux 474 commandes urgentes, puis montée en cadence vers 6 000 à 10 000 pièces par semaine.
2. Planifier sans connaître le volume : le Gantt hybride
Les données de l'ancien prestataire étaient imprécises : personne ne savait combien de camions arriveraient vraiment. Un planning en cascade classique aurait été faux dès le premier jour. J'ai donc gardé la structure visuelle d'un rétroplanning (jalons, ressources, quais), mais avec un point de coordination quotidien pour réajuster les moyens selon ce qui arrivait réellement.
+4 semi-remorques (+29 %) absorbés grâce à un plan révisé chaque matin, et non à la fin de la semaine.
3. Ranger sans historique : l'implantation par collection
Problème : un classement ABC classique était impossible : historique de rotation absent et écarts de stock dans les données de l'ancien prestataire.
En textile, ce qui se vend, c'est la collection en cours. J'ai donc utilisé la saison comme indicateur de rotation : les collections SUMMER 24 et WINTER 24 représentaient à elles seules 81,3 % du volume.
- Collections en cours (Summer 24, Winter 24)
- 2 cartons maximum par référence (environ 50 unités)
- 75 % des commandes BtoC servies depuis cette seule zone
- En hauteur : palettes complètes de surplus
- Au sol : fins de séries (moins de 3 unités), accessibles au transpalette
- Collections 2020 à 2023
4. Fiabiliser la préparation : du picking fixe au picking dynamique
Avant : picking fixe
- Emplacements figés dans le WMS SPEED
- Réapprovisionnements manuels et chronophages
- Un manquant bloque le préparateur : 10 min perdues par incident
Après : picking dynamique
- Le système attribue lui-même les emplacements libres
- Commande simulée dans le WMS avant lancement : pas d'étiquette si le stock n'est pas là
- Validé par une commande test en conditions réelles
5. Résultats
Grâce à la planification quotidienne, à une gestion rigoureuse des pistolets de préparation connectés et au passage au picking dynamique, l'équipe que j'ai supervisée a stabilisé la supply chain du client.
De 300 à 400 prélèvements par jour et par opérateur
Tout le stock rapatrié de l'ancien prestataire
Équipe permanente et intérimaires
Grâce à l'implantation par collection
6. Ce que j'en retiens
Replanifier chaque matin
En situation de crise, un plan révisé tous les jours vaut mieux qu'un plan parfait qui ne tient pas une journée.
Trouver le bon indicateur
Sans historique, la saison de collection a remplacé l'ABC. Une règle simple et comprise de tous bat un calcul impossible.
Bloquer l'erreur à la source
Simuler la commande avant de l'imprimer évite de bloquer le préparateur : on corrige le processus, pas les personnes.